ASSOCIATION d'HORTICULTURE
de CLEGUER

 

 

Le verger


LE VERGER EN NOVEMBRE :

Planter un arbre et attendre de cueillir les fruits sans rien faire relève d'un espoir chimérique. L'arbre fruitier, comme tout être vivant, doit faire face à de multiples agressions.

Agressions par d'autres êtres vivants : bactéries, champignons, insectes, acariens, etc… Or tout ce qui porte à l'intégrité de l'arbre fruitier se répercute sur la production qui baisse en quantité et en qualité. Pour atténuer les conséquences néfastes des maladies et des ravageurs animaux, l'amateur pense en premier lieu à traiter ses arbres avec les produits chimiques du commerce.
Il est souhaitable que les traitements chimiques doivent venir qu'en dernier recours .

Avant d'en arriver là, l'amateur devra épuiser toute la panoplie des mesures préventives.
Un arbre qui ne trouve pas les conditions favorables à sa croissance devient plus sensible aux maladies et aux insectes.

L'arbre fruitier entretient d'étroites relations avec le milieu dans lequel il vit : le sol et le climat. Tous les sols ne conviennent pas à toutes les espèces fruitières. Le prunier et le poirier se plaisent dans les terres argileuses et limoneuses, le pêcher et le cerisier dans les sols légers, sablo-limoneux. Quant au pommier, il s'accommode de tous les sols, encore qu'il existe des différences entre les variétés.
L'excès d'humidité du sol provoque l'asphyxie radiculaire. L'eau en excès envahit les pores du sol en chassant les gaz, y compris l'oxygène, ce qui entraîne le dépérissement et la mort de des racines.
Cet accident se manifeste par un mauvais débourrement des bourgeons au printemps et des flétrissures de pousses.

Vis à vis du climat, nous sommes impuissants. Dans le choix des variétés, on privilégiera des espèces locales plus résistantes aux maladies, on adoptera une large distance de plantation, on formera une charpente aérée évitant tout fouillis de la végétation.

A l'inverse, dans les zones sèches et chaudes, on échappe aux maladies mais on devra craindre le pullulement des insectes. On prêtera une attention plus particulière aux insectes auxiliaires et à leur protection. On ne peut pas planter n'importe quoi n'importe où, il existe des zone privilégiées pour chaque espèce fruitière.

Aux niveaux des maladies fréquentes : cloque du pêcher, moniliose, chancre, tavelure, oïdium, il existe des résistances naturelles chez certaines variétés.
- Chez le pêcher : Grosse mignonne hâtive; Madame Girerd; Fertile de septembre; Amsten, sont peu sensibles à la cloque. Fertile de septembre et Carman sont peu sensibles à la moniliose.
- Chez le pommier : Akane et Idarerd sont résistantes à la tavelure.
- Chez le poirier : Conférence est résistante à la tavelure.

La rugosité des pommes n'est pas une maladie; c'est la conséquence d'un phénomène anatomique qui intéresse les couches protectrices du fruit. Ce phénomène peut être normal et explique l'aspect naturellement gris de certaines variétés, comme la pomme Canada gris. Des causes diverses, auxquelles les fruits sont habituellement sensibles pendant environ deux mois après leur formation, peuvent perturber le développement de leur épiderme. Un liège cicatriciel apparaît. Exemple : la Golden délicious. Cette rugosité est alors qualifié d'accidentelle.

Quant aux ravageurs animaux, la nature vient à notre aide par le truchement de la faune auxiliaire. Que sont-ils ? Les oiseaux d'abord. De plus, des insectes, des acariens, des bactéries ou des champignons microscopiques jouent également un rôle non négligeable. Parmi les plus fréquemment rencontrés, il faut citer les coccinelles, les syrphes, les chrysopes, les punaises prédatrices et les acariens prédateurs.

Quelques chiffres :

Les Coccinelles s'attaquent aux proies les plus diverses : pucerons; cochenilles; acariens; jeunes chenilles.
Elles sont prédatrices à l'état adulte comme à l'état larvaire. (Une grosse coccinelles est capable d'ingurgiter 60 pucerons par jour).

Les syrphes : ce sont des mouches, qui ressemblent à des guêpes qui font du surplace, puis brusquement se déplacent sur le côté.
Chez les Syrphes, les larves sont seules prédatrices et s'attaquent aux pucerons. Elles consomment, au cours de leur vie, entre 400 et 700 pucerons.

Les Crysopes s'alimentent pricipalement aux dépens des pucerons mais ne dédaignent pas les acariens, les cochenilles, les psylles et les jeunes chenilles.
Une larve de crysope consomme entre 200 et 500 pucerons.

Les Punaises prédatrices sont peu visibles, car minuscules (de 2 à 4 mm) et de couleur sombre. Malgré leur petite taille, elles font un travail de nettoyage remarquable. En effet,les punaises (anthocoris, orius, mirides) aussi bien à l'état adulte qu'à l'état larvaire se nourrissent de tout. Une seule larve peut consommer durant son développement entre 300 et 600 acariens ou entre 100 et 200 pucerons. Un adulte dévore 100 acariens par jour.


LE VERGER EN DECEMBRE :

Comment et où les ennemis des arbres fruitiers passent-ils l'hiver ?

Où sont les insectes ?

1° Les cochenilles ou " poux collants " comme la cochenille rouge du poirier, le lécanium du pêcher, le pou de San José,...passent toute la mauvaise saison fixés sur les parties ligneuses des arbres. Elles forment des encroûtements jaunâtres ou grisâtres sur les écorces. Ces insectes piqueurs se nourrissent de sève et les rameaux attaqués dépérissent.

2° Les pucerons hivernent principalement sous forme d'oeufs disposés en divers endroits de l'arbre : extrémités des rameaux, crevasses des vieilles écorces, voisinages des racines. Les dégats visibles sont des feuilles recroquevillées ou cloquées, des pousses tordues et des fruits petits et déformés. Ils peuvent transmettre des maladies à virus.

3° Les psylles : parmi les différents psylles, le psylle du pommier passe l'hiver à l'état d'oeuf; Les autres psylles hivernent à l'état adulte, cachés dans des endroits les plus divers.

4° Les chenilles défoliatrices sont des hyponomeutes qui s'attaquent aux feuillages des pommiers et pruniers. Les chenilles issues de la ponte déposée au mois d'août ne se nourrissent pas et passent toute la mauvaise saison cachées et rassemblées sous la carapace formée par les oeufs vides accolés entre eux. Il existe aussi des cheimatobies et es hibernies qui appartiennent toutes deux à la famille des géométrides. Les papillons font leur apparition à l'automne, juste avant les premiers froids. Les femelles disposent leur oeufs en paquet à l'extrémité des rameaux. Quant aux bombix, ils hivernent selon les espèces, tantôt sous forme d'oeufs déposés en bagues autour des rameaux(bombyx neustrien), ou en amas, protégés par les poils qui étaient à la partie postérieure du corps de la femelle (bombyx chrysorée ou cul brun), tantôt sous forme de jeunes chenilles cachées à l'intérieur du nid soyeux très épais.

5° Les autres passent en général la mauvaise saison dans des conditions telles qu'il est bien difficile de les atteindre par les traitements d'hiver. C'est, par exemple, le cas de l'anthonome du pommier qui est bien caché dans les lichens, les mousses et sous les feuilles. Il faut aussi parler ici du carpocapse qui est dissimulé dans un cocon, enfoui dans les anfractuosités des troncs, ainsi que des hoplocampes et des cécidomies des poirettes qui passent la mauvaise saison dans le sol, sans oublier les charançons phyllophages qui hivernent dans le sol,les fentes des murs et les buissons.

Où sont les acariens ?

Les "araignées rouges" hivernent soit sous la forme de femelles bien cachées sous les écorces (trétanycus urticae et vienensis), soit sous forme de minuscules oeufs rouges déposés sur les branches charpentières (panonychus ulmi, Bryobia rubrioculus). Les dégats sont importants : feuilles bronzées tombant prématurément et affaiblissement des arbres. Les traitements, juste avant le débourrement, sont les plus efficaces.

Où sont les champignons ?

Les maladies sont dues à des champignons dont les organes de conservation hivernale se forment bien souvent sur les tissus morts. Cependant, quelques parasites ont des formes hivernales qui restent sur l'arbre.
- La tavelure du poirier provoque sur les jeunes rameaux de certaines variétés des chancres qu'il faut éliminer.
- L'oïdium du pommier se trouve dans les bourgeons, rarement sous forme de périthèces mais le plus souvent sous forme de mycélium. Les bourgeons infectés sont responsables des attaques virulentes du printemps suivant.
- le gnomonia du cerisier persiste pendant l'hiver dans le tissus des feuilles qui ne tombent pas.
- Le monilia passe l'hiver dans les fruits momifiés.
- Le coryneum, ou maladie criblée, provoque sur les rameaux des chancres qu'il y a intérêt à supprimer à la taille et qui provoque un écoulement de gomme.

Les maladies chancreuses :

Le chancre commun, qui s'installe sur les pommiers et les poiriers à la faveur d'une plaie, provoque le dépérissement des rameaux. En hiver les chancres abritent des périthèces ou organes de fructification qui libèrent à la belle saison des semences (spores), lesquelles infectent les jeunes pousses.
Le chancre des maladies de conservation se rencontre sur les onglets de taille et les rameaux.
Le chancre du pêcher, dû à un champignon (fusicoccum amygdali) se manifeste par le flétrissement des jeunes rameaux et des lésions chancreuses apparaissent à la base de la portion desséchée.
Le chancre bactérien du cerisier provoque l'annulation des yeux au printemps, le flétrissement des bouquets de mai et des lésions chancreuses sur les charpentières.

Les traitements :

Sur arbres fruitiers à pépins : un traitement après la cueillette ou au début de la chute des feuilles.
Produit : de la bouillie bordelaise à 125 gr pour 10 litres d'eau.
Sur arbres à noyau : à la fin de la chute des feuilles, il faut mettre del'oxychlorure de cuivre à 150 gr pour 10 l d'eau.


A SUIVRE ...


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